Du 2 au 7
octobre 2012
à Bordeaux
Festival International du Film Indépendant de Bordeaux
Rencontres Internationales Kino

6 jours de projections, 8 films en compétition officielle, un jury international, des rendez-vous pro, 1 hommage ACID, 1 focus sur un cinéaste indépendant américain, des masterclass, des actions d’éducation à l’image, la 1re édition des Rencontres Internationales Kino, une nuit du clip et de nombreuses soirées et événements...

The Road to Klampenborg

The Road to Klampenborg est le récit d'un long séjour à l'étranger, de saisons qui passent, d'un amour perdu.

Lauréat du Prix du Jury pour un court-métrage au Festival International du Film Indépendant de Bordeaux 2012.

http://thomasgendreau.fr

MERCI

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My Fifib Experience

Looking at the photos I can’t believe what the festival team has achieved, the work and effort that has gone into hosting the first Bordeaux International Independent Film Festival is immense and I’m so proud to have been involved in it. An international jury, an official competition, and over 6000 people who came to see the films over the week, a real success that brought a new energy to the city. Throughout the week it was interesting to see the types of people that came to see the films: press, film fanatics, students and the general public all coming together to watch and embrace independent cinema. For Johanna and Pauline, who first had the idea of creating this festival, it must have been a nerve wrecking week, but after all the hard work, people actually came and engaged with the festival, people seemed excited and keen to welcome this new festival.

I still get goose bumps watching the trailer for the festival, and I’ll always have good memories of the festival. From sticking up posters and distributing programs, I’m happy even if just one person saw a poster in a shop window and went online for more information. One of the festivals aims is to become internationally recognized and hopefully this can be achieved, my constant Facebook likes and sharing of festival photos on my profile may not have helped immensely but I’m pretty sure that over the next few years, the festival will only get bigger and bigger.I’m so proud to have been able to work with the whole team on the event and I’m so thankful for the friendliness of the festival team towards me and the experiences I’ve had.

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I love this photo. The atmosphere of the opening ceremony was electric, the TNBA was full of people, who had all come together to experience this adventure, the first Bordeaux International Independent Film Festival. The group of people on the photo clasping arms around each other for support not completely sure about what was going to happen in the following days, only that after nearly two years of planning it was finally about to begin. When I look at this photo I feel proud knowing that I was there and if in 20 years time there Is a 20th edition of the festival, I can tell my kids and family that I was there on the first night of the first ever festival!

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Rengaine won the Prix de Lune at the festival and I couldn’t of been happier with the judges choice. For me the film really had aspects of what I think of independent cinema and most of all had a sort of energy about it that really attracted me to the film. I went to see the film unenthusiastically, however within the first ten minutes it had grabbed my attention. The style, acting and storyline of the film, although simple, definitely deserves the recognition it has gained so far.

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Film festivals are about celebrating films, directors, actors, music, ideas where film fans can come together, have fun and enjoy cinema. The creativity of skinjackin was perfect for the film festival, a witty and alternative way of expressing yourself! I loved the colourful and playful designs, like one of my colleagues said, at the festival were all cinema fans, right up to our skin!

 

Bridget Innes

Palmarès du 1er Festival du film indépendant de Bordeaux (Fifib)

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Le jury présidé par Nathalie Baye et composé de Pilar Lopez de Ayala, Jordan Mintzer, Charles Tesson et Fabrizio Mosca a décerné :

> Le Prix du Jury : Lune d'Or
RENGAINE de Rachid Djaïdani (France, 2010, 1h15)
Réalisé caméra au poing et avec les moyens du bord, Rengaine est un conte urbain, un film viscéral qui reflète notre réalité sans compromis.
Le trophée de la lune d'or est un tableau réalisé par l'artiste Jérémie Larue Charlus.

> Le Prix du court métrage Kino
THE ROAD TO KLAMPENBORG de Thomas Gendreau (9 min 17)
et mention « Coup de coeur » à :
LE COMPLEXE DE LA VIANDE de Claudio Cavallari, Emmanuel Commenges et Jonathan Macias (4 min 44)

Le jury des étudiants, composé de six étudiants cinéphiles, a décerné :
> Le Prix des étudiants : Lune d'Argent
ANTIVIRAL de Brandon Cronenberg (Canada, 2012, 1h50)
Génétique et spiritualité sont-elles compatibles ? Peut-on communier avec l’ADN de son idole ? Oui, dit Cronenberg fils.

Le public Kino a décerné :
>Le Prix du public Kino
LOUISE de Bruno Fontana (10 min)

Le Capital de Costa Gavras

Du cinéma politique contemporain français Costa-Gavras est le père, la pierre angulaire et la légende. Lui qui avait su au cours des années 70 puis 80 offrir pour la première fois au grand public une vision critique sur les sujets tabous de cette époque où utopies politiques ont le vent en poupe. Derrière sa caméra acide, Costa-Gravas n’épargne aucun système et les ramène à leurs contradictions : le fascisme dans Z, le communisme dans L’Aveu, Vichy dans Section spéciale, la démocratie à l’américaine dans Missing. Ses films puissants ne céderont jamais ni à l’intellectualisme, ni au manichéisme propre au regard partisan. Sauf que voilà, le temps n’est plus aux rêves politiques et Costa-Gravas le sait on ne peut mieux. Ainsi dans son nouveau film Le Capital, le réalisateur s’attaque t’il au nouvel ennemi mondial, celui-là même qui a vidé la politique de sa substance : la finance.

En suivant les premiers pas de Marc Tourneuil, tradeur ambitieux dans son poste de président fraîchement acquis à la tête de la Phenix Bank, une des banques les plus influentes d’Europe. C’est donc une arrivée dans un monde hostile où hommes de main comme plus proches collaborateurs (actionnaires français et américains) ne cherchent qu’à provoquer la chute de Tourneuil, histoire de casser ses dents longues. Le moteur de cette ruche semble clairement identifiable : l’argent, dont on ne verra pourtant jamais la couleur. L’argent dont on ne sait plus que faire, qui n’est plus qu’un alibi pour rentrer dans ce jeu géant de conquête du monde. Mi-risk, mi-monopoly, tout n’est qu’un jeu, tout est déconnecté de la réalité et rien n’a finalement de sens ou d’importance en dehors de l’adrénaline que provoque le gain ou la perte. Loin d’être dénué d’intelligence, d’humanité ou de lucidité, Marc Tourneuil, bluffant Gad Elmaleh dans ce rôle noir tout en nuances cyniques si inhabituel, ne cherche lui qu’une chose : être le maître de ce jeu.

Si ce genre de personnage peut paraître sur le papier tout à la fois antipathique et loin d’être novateur, la grande intelligence de Gavras reste d’avoir fait du regard caméra, le point de vue interne de Tourneuil. Placé dans la tête même du banquier, le spectateur ne peut échapper à l’identification. Ce procédé permet également au réalisateur d’échapper aux stéréotypes propres au genre des thrillers dans le monde de la haute finance.

Pourtant dans cette mécanique bien huilée et cet univers profondément masculin, Gavras place trois personnages féminins. Chacune d’entre elles pourrait être la porte de sortie de Tourneuil, la possibilité esquissée d’une nouvelle vie plus respectable. Cependant trop enfermées dans leur carcan de femme au foyer soumise (Natacha Regnier), de femme objet (Liya Kebede), ou de femme idéaliste (Céline Sallette), elles échoueront toutes à tour de rôle. Les bons sentiments eux aussi n’y changeront rien et seront cloués au piloris, à l’image de la réponse acerbe de Tourneuil à son oncle ancien militant communiste: « Notre internationale a réussi, elle.».

Il n’est pas de gentils dans ce film, ni de méchants, seulement des gens conscient de la réalité dégueulasse qui dirige le monde. Aucune morale donc, mais un simple constat d’une course vers l’abîme dans laquelle les puissants se lancent avec allégresse. Tout cela rappelle un autre grand cinéaste politique français, d’un autre temps celui-ci, Jean Renoir qui dans La Règle du Jeu donnait déjà les clés de compréhension de notre modernité : « Le plus terrible dans ce monde c'est que chacun à ses raisons. Nous dansons au dessus d’un volcan. »

Maëlenn Bereski, du Bureau des Arts de Sciences Po Bordeaux pour le Festival International du Film Indépendant de Bordeaux, 5 octobre 2012